Pourquoi la critique est-elle à court de carburant ? Bruno Latour
Dans un contexte marqué par les fake news, le climato-scepticisme et les théories du complot, de nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer la perte de l’esprit critique et en défendre l’héritage. Dans ce texte majeur, inédit en français, Bruno Latour pose un autre regard sur cette crise : et si nos outils critiques n’étaient tout simplement plus adaptés à notre monde et à ses nouvelles arènes politiques ? Et s’ils s’étaient même détériorés au point de produire certains des poisons qu’ils prétendent combattre ?
Pour que la critique retrouve son souffle, c’est l’ensemble des relations entre sciences et politique, ainsi qu’entre analyse sociale et composition des mondes, qui demandent à être revisitées.
En préface, le philosophe Didier Debaise explore les poisons modernes qui se sont emparés de la critique, entraînant un amoindrissement des expériences et une disqualification de la pluralité des modes de savoir. La philosophe Alice Mortiaux, qui signe la postface, nous montre qu’il est possible de renouer avec les véritables puissances des faits à condition que nous refusions d’en faire des outils de conquête au nom du progrès.
Date de parution :31/10/25
Prix : 15 €
ISBN :9782931307007
Pages :
Prix : 15 €
ISBN :9782931307007
Pages :
110
Préface : Didier Debaise
Postface :Alice Mortiaux
Traduction :Déborah Brosteaux & Renaud-Selim Sanli
Préface : Didier Debaise
Postface :Alice Mortiaux
Traduction :Déborah Brosteaux & Renaud-Selim Sanli
Bruno Latour :
Bruno Latour (1947–2022) est un philosophe et sociologue français dont l’œuvre a profondément renouvelé la sociologie des sciences et la pensée politique contemporaine. À partir d’enquêtes de terrain, notamment dans les laboratoires, il élabore la théorie de l’acteur-réseau, qui met sur un même plan humains et non-humains dans la production des faits et du social.
Son travail s’étend ensuite à une critique de la modernité et de la séparation entre nature et société, ainsi qu’à une réflexion sur l’écologie politique. Dans Enquête sur les modes d’existence (La Découverte, 2012), il propose une cartographie des différents régimes de vérité et d’action (science, droit, politique, religion). Son Mémo sur la nouvelle lutte des classes (La Découverte, 2020) reconfigure quant à lui les conflits contemporains autour des conditions d’habitabilité de la Terre.
Proche des préoccupations de Isabelle Stengers, avec qui il partage une attention aux pratiques et à la pluralité des savoirs, Latour a contribué à repenser en profondeur les rapports entre sciences, politiques et mondes vécus.