À paraître

Graphisme : Vincent Penanguer

En finir avec le capitalisme thérapeutique (réédition)
Josep Rafanell i Orra
Prix : 17€
ISBN : 9782960288711
Papier de couverture : Fedrigoni Sirio color Gialloro 210 g/m2
Date de sortie : 25 novembre 2022

Préface d’Isabelle Stengers. Une préface et un épilogue inédits de l’auteur viennent compléter cette réédition.

Plus de dix ans après la première édition (Les Empêcheurs de penser en rond, La Découverte, 2011) d’En finir avec le capitalisme thérapeutique, le constat reste le même : les institutions poursuivent tant bien que mal leur travail de normalisation et de contrôle, même si elles n’en restent pas moins, mais de plus en plus rarement, des lieux d’hospitalité.

Les enquêtes et réflexion contenues dans ce livre traçaient quelques prolégomènes de la si bien nommée « crise du social » qui s’est approfondie avec l’accélération des ravages néolibéraux. Si deux nouveaux textes, en guise d’introduction et d’épilogue, en tirent quelques conséquences au plus près de notre actualité, la question demeure : aux frontières de la psychiatrie et des univers assistantiels, comment contribuer à la résurgence de formes d’entraide et de coopération? Comment cultiver des milieux de vie contre l’ordre brutal de la négligence qui prétend nous gouverner? Qu’en est-il des fabriques d’alliances entre lutte et guérison?  

Nous devrions sortir des dichotomies qui asphyxient les univers du soin, particulièrement en France: ni le psychanalysme et son culte du sujet esseulé ni les thérapeutiques comportementales fabriquant des individus adaptés. Mais des pratiques de soin qui fabriquent des communautés aux devenirs improbables. L’auteur en interrogeant la relation thérapeutique en tire une conclusion: celle-ci n’est rien d’autre qu’un travail de « communisation » dans lequel sont pris aussi bien le thérapeute que le « patient ». On suivra Josep Rafanell i Orra à travers des enquêtes où surgissent des situations où s’entrelacent des manières d’exister, là où « les polices du social » ne voient que des surnuméraires à réintégrer dans l’économie et des sujets à gouverner: des squatteur·euses réfractaires aux chômeur·euses en grève, des usager·ères de drogues aux Roms expulsé·es… pris·es dans des devenirs communs. Ces devenirs préfigurent toute « scène thérapeutique » préinstituée et contribuent à l’épaississement des mondes.

La réactivation d’une culture des attentions est aussi celle de nos interdépendances localisées. Alors, mettre en partage des expérimentations, œuvrer à leur mise en résonance et à des transversalités, c’est susciter les zones formatives de l’expérience et participer à l’éclosion de lieux singuliers à la place des espaces administrés.

S’il faut refuser le saccage organisé des pratiques de soin et plus largement des formes d’hospitalité, c’est en tournant notre regard vers les devenirs possibles des multiplicités qui habitent le monde. Cette réédition voudrait y contribuer.


(Couverture non définitive – Vincent Penanguer)

L’émeutier et la sorcière
Olivier Marboeuf
Prix : 15€
ISBN : 978-2-9602887-0-4
Date de sortie : Reporté à début 2023.

En revisitant un article écrit en 2012, Olivier Marboeuf poursuit le tissage d’une approche visionnaire de l’émeute comme forme de transmission, d’émancipation et geste abolitionniste. L’émeute s’affranchit ici de son image d’une simple réponse violente aux injustices. Elle dessine une véritable veillée où se recompose une collection d’archives et de savoirs minoritaires et où devient possible un « devenir sorcières » des corps sans nom de l’Empire.

Faire de la maladie une arme (réédition)
S.P.K. – Collectif de patients socialistes
Date de sortie : Novembre 2023
Co-édition avec les éditions Entremonde

Préface de Florent Gabarron-Garcia ( Histoire populaire de la psychanalyse – La Fabrique)
Post-face de Quentin Dubois.

            « La maladie est la seule forme de vie possible sous le capitalisme ». C’est ainsi que, fin des années 60, une groupe de patients révolutionnaires s’organise dans une Allemagne de l’Ouest en pleine ébullition politique. Il se nomme le S.P.K. et son manifeste Faire de la maladie une arme. Dans ce texte, le S.P.K. appelle à une politique radicale des corps malades, seule capable de renverser le système capitaliste. Revisitant la théorie marxiste de l’aliénation et du fétichisme au travers du freudo-marxisme de Reich mais aussi des retours théoriques et pratiques de Frantz Fanon, le S.P.K. soutient que la maladie est d’abord un fait politique avant d’être un fait biologique ou organique ; elle est la contradiction interne du capitalisme.

             Le S.P.K. se présentait comme une politique d’organisation et de dispersion tout à fait nouvelle. Bien que cette expérience collective fût de courte durée, une intense répression  s’abattit rapidement sur ses membres. En venant bouleverser la réalité sociale et la réalité du désir dans la folie, l’expérience pratique et théorique du S.P.K. suscita intérêt et admiration   d’auteurs comme Sartre ou encore Deleuze et Guattari: « Quelque chose de tout à fait nouveau s’est produit qui constitue une sortie de l’idéologie, et le passage à une véritable lutte politique. Pour la première fois, le combat psychiatrique est passé dans la rue, dans le quartier, dans la ville toute entière. Comme le 22 mars à Nanterre, le S.P.K. s’est mobilisé sur une lutte réelle, et la répression ne s’est pas trompée » (Guattari). Par l’auto-organisation et la critique radicale de « l’idéologie de la santé » comme condition de possibilité de la production, du rapport patient/médecin qui maintient cette condition de possibilité dans l’ensemble de la réalité sociale, le S.P.K. inventait une nouvelle économie libidinale, une nouvelle politique des corps malades qui nous concerne encore aujourd’hui et qui vient contre-carrer toute reprise possible de la maladie dans le système de production de subjectivités vulnérables. C’est de ce passage à une véritable lutte politique mais aussi de ses résonances contemporaines possibles que cette réédition s’attachera à rendre compte.