À propos

La naissance de la maison d’édition prolonge le projet de la librairie Météores à Bruxelles.

La librairie est née en septembre 2020 d’un constat : les nouveaux plans d’urbanisme faisaient disparaître les lieux dans lesquels nous pouvions encore ralentir le temps et nous voir en dehors de nos disciplines et catégories quotidiennes. Nous avons évidemment l’habitude de traîner, dans les librairies de nos villes, mais le livre s’y montre presque trop à sa place, parfois sacré et muséifé ou alors au contraire, bien trop marchand. C’est pour répondre à ce manque que nous avons ouvert la librairie Météores, librairie, bar, café, salle de projection, salle de concert. Ici l’on trouve tant des livres que des moments ensemble. Les éditions Météores sont le deuxième de ces gestes.

À l’origine de l’impulsion, une réflexion sur la philo­sophie : nous, qui avons mûri cette idée, avons été formés à la philosophie classiquement, en auditoire— nous ne renions pas cet héritage, loin de là —, mais nous sommes néanmoins inquiet·ètes de la spécialisation de cet apprentissage dans des philosophies « savantes et techniques » de plus en plus normalisées par les attentes de la production mondiale de savoirs — en général, du devenir-produit du savoir énoncé à l’université. Comme lecteur·rices et comme auteur·rices-producteur·rices, la pensée nous est vitale de manière bien plus profonde, elle nous est nécessaire en connexion avec des expérimentations politiques, sociales, esthétiques qui font le contemporain. Nous ne pouvions nous résoudre à accepter les discours d’une époque obnubilée par ses fins — fins des mondes, de la pensée, du livre … — ni à s’en faire les résidus souffrants.

C’est pourquoi les éditions Météores ont pour ambition de redonner à « l’essai » toute son importance au sens d’Adorno ; en ce qu’il dépasse les cadres du logico-discursif, se rend familier avec l’intensité que peuvent produire les images, en ce que ses discontinuités permettent de réactiver des conflits immobilisés dans le discours.

Nous ne voulons pas en rester à la critique, mais bien à ce qui à chaque fois nous permettra de décloisonner les possibles, sous peine de mort lente.